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Histoire du féminisme en France…


  Prendre part aux débats politique sur le féminisme et se forger un esprit critique sur la société d’aujourd’hui nécessite de comprendre son aspect historique. Loin d’être uniforme, le féminisme repose sur plusieurs aspects tels que : le corps, le pouvoir, le genre…

Commençons notre retour dans le temps au XVIe siècle, avec la naissance de l’Humanisme. Cette période riche en découvertes, en avancées scientifiques et philosophiques instaure pour la première fois la nécessité d’éduquer les filles. En effet, on leur reconnaît un rôle essentiel dans la tâche de mère (éduquer les enfants) et d’épouse (représentation sociale). C'est alors mis en place, pour les femmes et pour le peuple de manière plus général, des systèmes éducatifs non pas à travers l’égalité mais l’équité (définition).



Jusqu’au XVIIIe siècle, la notion d’égalité reste inexistante dans tous les domaines. La hiérarchie sociale définit alors la société en profondeur à travers : la classe sociale, la fortune, le sexe, la « race », et le talent. L’exclusion des femmes n’apparaît pas alors comme le seul vecteur de discrimination. Lors de la Révolution Française, hommes et femmes prennent part aux débats et aux émeutes sans distinction de genre, et la mise en place des « droits de l’homme et du citoyens » n’exclue pas explicitement les femmes du débat politique, même si l’accès au pouvoir leur est interdit. Cependant la période naissante de « la terreur » prend forme à travers des restrictions politiques excluant de plus en plus les femmes, les réduisant à des « mineurs à vies » (Napoléon Ier).

En outre en 1848 « le suffrage universel masculin » exclue de manière indéniable les femmes de la vie publique en retirant le régime censitaire (droit de vote en fonction des revenus qui n’excluait pas uniquement les femmes). Naît alors ce qu’on appelle en 1872 « le féminisme ».



Le XIXe et le XXe siècle marque «le féminisme de première vague ». La revendication du droit de vote des femmes s’identifie sous l’égide des suffragettes. En outre la reconnaissance économique se passe par la demande des femmes d’être rémunérées pour leur travail. Mais l’arrivée de la Première Guerre Mondiale interrompt les revendications féministes jugées « non prioritaires » face aux horreurs de la guerre. Les femmes ont néanmoins un rôle clé, et au retour de la guerre on leur demande d’être de « bonne citoyenne » pour repeupler la France, en déclin démographique.

Naît alors l’antiféminisme dans tous les partis politiques à travers des arguments qui souhaitent protéger « la candeur de la féminité » ou orienter les revendications vers, là aussi, des sujets « plus importants » en écho aux deux Guerres Mondiales qui ont mis à plat la société occidentale. A partir des années 1950 naît le « Beauvoirisme », « le féminisme de seconde vague ». Commence alors les réclamations des femmes à disposer de leur corps : avortement, sexualité, plaisir, contraception, mais aussi le droit de la famille : compte en banque indépendant, travail sans l’accord de son mari, « autorité parentale » et non plus « autorité paternelle ».

Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF), dans les années 1970 regroupe l’ensemble des mouvements féministes sous un seul combat et mène à ce que l’on appelle « La révolution sexuelle » et le « herstory » qui a pour ambition d’écrire « l’histoire des femmes ». Apparaît aussi « une culture féminine » qui donne la plume à des écrivaines, des historiennes, etc, dans des journaux spéciaux. « Le privé devient politique ».



Des années 1990 à aujourd’hui, propulsée par les nouvelles technologies, nous pourrions parler d’un « féminisme de troisième vague » se marquant tantôt par de l’antiféminisme de la société tantôt par des avancées sociales (parité à l’assemblée nationale, reconnaissance du viol conjugal …). Cependant l’explosion du MLF désunifie ‘Le’ féminisme et laisse place à des courants parfois opposés : féministes post-colonial (met en avant la mixité sociale des femmes), féministes pro-sexe (utilisent le corps comme moyen de revendication : femen), post-féministes (culture queer, contestation de la binarité sexuelle), mouvements féministes (très ciblés : meetoo, ni pute, ni soumise, …).



Sources : Daniela Roventa-Frumusani, Concepts fondamentaux pour les études de genre, éditions des archives contemporaines. Michel Foucault, Histoire de la sexualité, Tel Gallimard.

Ecrit par R.F.

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